PREMIERE NATION MALECITE DE VIGER

Première Nation Malécite De Viger

À PROPOS

BREF HISTORIQUE DE LA PREMIÈRE NATION MALÉCITE DE VIGER

Comme Première Nation, l’histoire des Malécites commence bien avant la venue des Européens en Amérique du Nord et au Canada. Des fouilles archéologiques sur le territoire de la Première Nation à Squatec et ailleurs autour, sur le territoire ancestral Malécite, le prouvent.

 

Passons rapidement à la période historique

Les Malécites rencontrent Samuel de Champlain et lui décrivent les portages qui mènent de la baie de Fundy jusqu’au fleuve Saint-Laurent. Cela démontre la grande connaissance des Malécites de leur territoire et une occupation à l’intérieur des terres entre le fleuve Saint-Laurent et la baie de Fundy.

Le mot « Malécite » apparait sur des écrits pour la première fois en 1650. Nous pouvons le voir sur une carte de la côte de la nouvelle Angleterre et il est indiqué : « Sauvages Malécites ».

Pendant les années 1700, outre leur survie quotidienne, les Malécites sont surtout occupés à la défense du territoire, qui est de plus en plus menacé par les envahisseurs Anglais. Ils signent des traités de paix et d’amitié avec le gouverneur Anglais.

Autour des années 1760, qui sont des années capitales dans l’histoire du Canada, les Malécites sont des acteurs importants. Historiquement, les nations autochtones faisaient souvent pencher le poids de la balance en faveur de l’un ou de l’autre des envahisseurs.

Les Anglais, mais surtout les Français, faisaient des stratégies avec les autochtones comme alliés ; pour confirmer une occupation du territoire aux yeux de l’adversaire et pour gagner leurs guerres pour le territoire indien. Tandis que les autochtones avaient leurs propres raisons de participer à ces conflits.

Au moment spécifique de la signature du traité en février 1760, les Français perdent la guerre. Tout le territoire entre Louisbourg et la ville de Québec est aux mains des Anglais. Les Français occupent le territoire autour de Montréal. Il aurait été inutile pour les Malécites de signer un traité en 1760 avec les Français, qui n’avaient plus de présence sur le territoire Malécite.  C’est pourquoi nous avons écrit au Premier Ministre du Québec pour l’informer de notre position à cet égard. Nous croyons fermement que l’Arrêt Marshall de la Cour suprême s’applique aussi au Québec.

Après 1760, avec la conquête anglaise, la colonisation du territoire se fait de façon plus intensive. Des Acadiens viennent s’y réfugier en 1755. Ils sont déportés en 1758 et avec l’arrivée des loyalistes, après 1783, l’invasion des terres ancestrales Malécites atteint un point important et devient de plus en plus une menace sérieuse à leur survie. Au fil des siècles, les Indiens deviennent un problème pour la colonisation. Leurs terres et leurs ressources sont de plus en plus convoitées. Les Malécites deviennent graduellement exclus de l’économie : ils sont installés sur des réserves.

En 15 mai 1827, par une ordonnance en conseil, une expérience est essayée au Bas-Canada : une réserve à Viger est créée pour les Malécites, dans Seigneurie de l’île Verte, près de Rivière-du-Loup, pour les établir dans l’agriculture.

Dans les années 1860, des autorisations de coupes forestières sont accordées à des colons blancs sur la réserve de Viger et plus tard, sur la réserve de Whitworth, alors que de tels permis sont refusés aux Malécites. Malgré le fait que ces coupes illégales sont dénoncées à la couronne par les Malécites, rien n’est fait pour y remédier. Ceci à une époque de misère et de pauvreté pour les Malécites. Nous y reviendrons un peu plus loin.

Les mauvaises récoltes, la famine, les incendies et le mode de vie Malécite basé sur la chasse, la pêche, la trappe et la vente d’artisanat qui est une activité économiquement importante à cette époque, plusieurs d’entre eux utilisent la réserve principalement pendant l’été, avec de longues absences pour la chasse et la trappe en hiver. Pour l’Église catholique et les colons de l’époque, un mode de vie différent de l’agriculture était intolérable. Les Malécites étant loin dans le territoire à chasser en hiver et à s’absenter en été pour vendre leur artisanat, n’utilisant pas les terres à leurs pleins potentielles selon l’Église de l’époque.

En 1869, le Grand Vicaire Edmond Langevin écrit à l’évêque de Rimouski, Mgr Jean Langevin, subissant des pressions des colons de l’époque pour le convaincre d’obtenir les terres de la réserve de Viger, pour la colonisation et pour régler la question d’une mission ; la construction d’une église et d’un presbytère près de la réserve à Viger. Coïncidence, les deux membres du clergé sont des frères. Le frère de Rimouski consent donc à écrire au ministre pour lui demander la terre. Les deux frères demandent au secrétaire d’État qui est responsable des « Sauvages » de vendre la réserve parce que, soi-disant, elle nuit à la colonisation. Malheureux hasard pour les Malécites, le secrétaire d’État est Hector-Louis Langevin, le troisième frère. La cession de la réserve est obtenue et une vente des lots à l’encan est tenue sur le perron d’une église. Ceci cause le déplacement de la Première Nation.

Cette cession a eu lieu en 1869, alors que le représentant du surintendant général des affaires des sauvages convoque, seulement les Malécites en accord avec la cession, pendant que leur chef était aux États-Unis et que la plupart des Malécites contre cette vente étaient absents. Ceux-ci acceptent, sans consentement libre et éclairé, de céder la réserve de Viger. Cette cession de réserve n’est certainement pas libre et volontaire. La vente à l’encan des terres a eu lieu en 1870.

Par la suite, le prix d’achat des lots n’est même pas tout collecté des acheteurs par le Ministre. Quelques années après la vente, la Couronne baisse unilatéralement le taux d’intérêt promis sur le solde collecté de 6 % à 4 % et même à 3 % pendant une période de temps.

Les Malécites doivent vivre encore aujourd’hui avec les effets dévastateurs de ce déplacement. La Première Nation a été éparpillée, avec tout ce que cela implique, sur plusieurs générations. Ils vivent encore aujourd’hui avec les effets intergénérationnels de ce déplacement de population.

Le département des affaires indiennes a commencé des démarches en 1874 pour les relocaliser, parce que c’était difficile de gérer les affaires d’une bande non réunie en communauté. Il réalise l’erreur de la vente de Viger et son effet sur les Malécites. Le 13 mars 1877, la Couronne achète un terrain pour y faire une réserve à Whitworth : environ 418,9 acres. La Couronne achète les lots à même le produit de la vente, des lots aux colons blancs de Viger. Les Malécites essaient de s’y établir pendant un an. Constatant qu’ils ne peuvent pas cultiver, qu’ils sont trop loin des grands centres et des voies de portage, ils réalisent qu’ils ne peuvent pas s’y établir pour y vivre. Whitworth est abandonnée un an plus tard. Cela provoque leur dispersion sur leur territoire ancestral et ailleurs.

En 1886, la Couronne approuve des plans pour un chemin de fer entre Edmundston (Nouveau-Brunswick) et Rivière-du-Loup dont l’axe de passage passe sur la réserve de Whitworth. Les agents des Indiens de l’époque sont M. Deschênes et M. Narcisse Lebel et ils ne respectent pas le paiement obligatoire aux autochtones.  Petite anecdote, l’un est propriétaire d’une scierie près de Whitworth et plus tard nous le retrouvons sur le conseil d’administration de la compagnie de chemin de fer du Témiscouata.

En 1891, la Couronne achète un terrain de 0,4 acre pour faire une réserve à Cacouna. Évidemment, trop petit pour y établir un village, il y a de l’espace pour y construire seulement une maison. Cette acquisition n’a pas pu empêcher la dispersion de Viger.

La ligne de chemin de fer ayant été abandonnée en 1983, le Canada cède celle-ci au Québec en 1987. Plutôt que de le transmettre la portion qui passe sur la réserve de Whitworth aux Malécites, qui ont un droit de retour en réserve, elle est cédée au Québec. La réserve est aujourd’hui coupée en deux, avec une piste cyclable en plein milieu.

À l’automne 2003, nous avons communiqué avec la Couronne fédérale pour l’informer du problème de la prescription prévue au Code civil du Québec. Le seul moyen de protéger des droits pour les manquements à l’obligation de fiduciaire, outre la renonciation aux bénéfices de la prescription, était d’intenter des recours devant les tribunaux pour interrompre le cours de la prescription.

Devant le refus ou l’impossibilité de renoncer aux bénéfices de la prescription avant le 1er janvier 2004, quatre poursuites en cour fédérale ont été déposées par la Première Nation Malécites de Viger.

Comme nous l’avons expliqué, en décembre 2003, le conseil, préfère la voie des négociations et ne compte pas tenir ces poursuites actives devant la cour pour l’instant. Une d’entre elles a été déposée au MAINC dans le cadre de processus des revendications particulières et a été soumise à Justice Canada. Nous souhaitons qu’elle soit analysée en priorité. Les trois autres ne sont pas encore déposées.

Considérant que l’histoire est constituée de faits en constante évolution, les tentatives de revendications particulières n’ont pas été couronnées de succès. Cette démarche fut reprise par une nouvelle équipe au printemps 2016. Nous sommes heureux de vous faire part qu’une offre de règlement a été déposée au début de 2017 et que nous sommes dans l’attente d’une proposition de règlement de la part de la Couronne canadienne.

Une seconde revendication concernant la perte de Viger est à l’étape de la documentation, une revendication territoriale globale est également en préparation.

La maison Denis-Launière

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Située sur l’actuelle réserve de la communauté malécite de Cacouna, la maison Denis-Launière est le dernier vestige de la présence malécite au Bas-Saint-Laurent. Construite dans les années 1890, Jean Athanase, dernier Chef de Viger, y habita avant qu’elle ne soit léguée à Édouard Denis qui succéda au poste de Chef des Malécites jusqu’en 1918. Ensuite, Joseph Launière, chef succédant à Édouard Denis, y demeura jusqu’à sa mort en 1972. Il y a élevé ses quatre enfants et il fut le dernier Malécite à habiter sur la réserve de Cacouna.

La maison Denis-Launière revêt donc un aspect symbolique pour les Malécites. Elle a été un lieu d’accueil et de rassemblement, Joseph Launière étant très accueillant et toujours ouvert à de nouvelles rencontres.  La maison Denis-Launière rappelle également la présence malécite sur le territoire du Bas-St-Laurent lorsque, tout au long du 19et 20e siècle, la pointe de Cacouna était occupée par les Malécites.

Comme elle a été la seule maison à traverser l’épreuve du temps sur le territoire de la communauté, la maison Denis-Launière symbolise la Nation malécite qui ne veut pas s’éteindre et qui, malgré les épreuves, est toujours debout. Cette maison de bois représente pour nous le rocher sur lequel viennent se fracasser vents et marées. 

La maison est  devenue le centre d’interprétation des Malécites en 2000. Durant la période estivale, on peut aussi s’y procurer de l’artisanat autochtone dans l’ancienne remise annexée à la maison.

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